Le Congolais de la RSA face à se responsabilités: Une réflexion de Monsieur Toko Watezwa

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Toko Watezwa

Nous voulons faire une réflexion sur les responsabilités du Congolais vivant en RSA face à lui-même et face à sa patrie. Je suis de l’avis que le Congolais doit apprendre à s’aimer tout d’abord, aimer sa patrie et ses concitoyens et ainsi prendre réellement  conscience de lui-même s’il veut se montrer responsable. C’est seulement quand ce dernier arrivera à la responsabilité individuelle et collective qu’il peut être effectivement instrument à son épanouissement et à celui de la communauté Congolaise.

Le Congolais ne s’aime pas assez et il n’aime ni sa patrie et encore moins ses concitoyens. Les propos tels que « je n’aime pas les congolais », « je n’aime pas le milieu des congolais » ou encore « l’ennemi du congolais c’est le congolais » sont présents dans le jargon de la plupart des congolais. Et puisque la parole s’associe toujours à l’acte, ces propos ont des conséquences tellement néfastes dans la communauté congolaise que la solidarité légendaire dont on nous reconnait comme bantus n’existe quasiment guère dans la communauté congolaise. Le congolais qui a une connection de boulot ou des certains avantages dans notre vie d’étrangers évite à tout prix d’associer ses compatriotes. Bien au contraire il se plait de la misère de son compère oubliant le fameux adage qui dit qu’il est malheureux d’être heureux tout seul. Dans le pire des cas, quand on vous entend parler la langue du pays on fait une prétention comme si on ne comprenait rien alors que le Sud-africain se plait de pratiquer certains mots de Lingala ou de swahili. Un congolais qui se trouve frappé par un malheur ou une quelconque difficulté, s’il trouve du soutien, c’est de la part des proches de sa tribu, comme pour dire que le Congo comme nation est encore hypothétique.

Dans les universités, hôpitaux et secteurs économiques de ce pays on trouve des Congolais qui sont une fierté de l’élite congolaise par le travail excellent et les positions qu’ils occupent. Et la quasi-totalité de ces compatriotes sont des ressortissants de nos universités Congolaises avant leur spécialisation dans les institutions Sud-africaines. Savez-vous que le chef de département de la médecine nucléaire à l’université de Johannesburg et le chef de département de la faculté des mathématiques à l’Université de Prétoria sont tous les deux des congolais diplômés de l’université de Kinshasa? On ne cite que ceux-là puisque la liste est très longue.

Les amis d’autres communautés africaines ne cessent de nous vanter alors qu’au-dedans de nous, on est des frères ennemis, s’entredéchirant pour des banalités dans la plupart de cas.   Il est un fait déplorable que les congolais, malgré toutes ces têtes bien faites et ces spécialités, ne se sont jamais mis en association pour un investissement.  Je ne connais pas un seul hôpital privé des Congolais ici à l’instar de nos frères Nigérians, ni un business solide des Congolais en dehors de quelques petites agences de certains individus.

Le Congolais, bon consommateur de fufu, mpiodi, makayabu, pondu, mipanzi et autres a imposé la vente de ces produits dans le marché Sud-africain mais lui-même n’en bénéficie jamais. La farine de maïs, c’est vrai qu’il se trouvait sur le marché mais dans des petits emballages. S’il en existe aujourd’hui en sacs de 25 et 50 kg c’est à partir de notre consommation.

Je partage ici une réflexion d’un compatriote que j’ai beaucoup aimé. J’étais tellement touché par cette dernière que je me suis dit qu’il y encore des compatriotes qui réfléchissent bien  et qui sont à même d’apporter un plus. Il est de notre race ce compatriote, c’est-à-dire qu’il se recrute parmi les congolais qui ont une vision positive et qui croient que nous pouvons bien relever plusieurs défis.

Voici la réflexion :

« Si des Congolais se cotisent, trouvent un fond et ouvrent un magasin de vente de fufu par exemple et que toute la communauté congolaise s’accorde à n’acheter cette importante denrée que dans ce magasin qui, à la longue aura des extensions dans toutes les grandes villes, les sociétés de production de la farine de maïs finiront par donner un quota de distribution de ce produit puisque vendu en grande quantité. Le fufu coûtera donc moins cher dans ce magasin. Des familles congolaises auront de l’emploi et le Congolais commencera à se constituer un lobby financier au point que sa voix sera dès lors entendu, tant sur le plan interne que sur le plan externe jusqu’à impacter la situation de notre pays. »

A mon avis, si jamais la vision de notre frère se réalisait, on aura résolu plusieurs équations par cette opération et le Congolais prendra de la valeur à telle enseigne que la police ne va plus le ramasser dans les rues et boutiques de Johannesburg comme c’était le cas après les élections de 2011.

Le congolais doit cesser de se plaire à constater que les autres émigrés sont tellement solidaires qu’ils s’arrangent toujours à expédier le cadavre de ceux qui sont morts chez eux sans en tirer une leçon et copier le bon exemple. Jusqu’à quand le congolais comprendra-t-il qu’il est et demeure l’artisan principal de son propre bonheur ?

Tel est le défi que je jette sur le Congolais de l’Afrique du Sud. J’invite ici cette minorité qui croit que nous pouvons refaire ce qui est mal parti à s’organiser pour accomplir des grands projets pour le grand bien de tout Congolais. Le Congolais doit transcender l’individualisme s’il se veut grand. Il n’est pas un pêché de copier le bon exemple et la manière de faire des autres. J’en appelle à l’intellectuel Congolais avec tous les « skills » que nous avons de commencer à raisonner autrement.

Pour conclure, je vais vous partager ce que j’avais retenu des interviews des deux grands musiciens africains pour qu’on essaie de tirer des leçons. Youssu Ndour et Koffi Olomide à qui on avait posé la question de savoir comment ils avaient investi la fortune qu’ils ont amassée dans leur carrière ont donné des réponses très diversifiées. Le premier a dit qu’il a construit une université dans son village alors que notre frère, lui a parlé de ses maisons à mont fleuri et Ma Campagne. Allez-y comprendre quelque chose ! Quand le Sénégalais pense à sa communauté le Congolais lui ne se limite qu’à lui-même comme pour dire que c’est l’état qui doit penser à ma communauté, pas moi.

Pour bâtir un pays plus beau qu’avant comme nous le chantons dans l’hymne national nous devons apprendre à nous aimer, aimer notre prochain et notre patrie. Et comme l’amour doit se matérialiser, l’unique façon de montrer que nous aimons notre patrie c’est de raisonner et agir comme le Sénégalais qui a fait du bien à toute une communauté et cela pour plusieurs générations. C’est ce que je crois que le Congolais de la RSA doit apporter à la communauté Congolaise d’ici et celle du pays si nous voulons léguer un meilleur environnement aux générations à venir.

 

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